Si votre cuisine se couvre de buée depuis que vous avez calfeutré les fenêtres et rallumé le chauffage, la hotte à recyclage n’y est pas pour grand-chose. Elle filtre les graisses et les odeurs, mais renvoie la vapeur d’eau dans la pièce. C’est la VMC, alimentée par les entrées d’air, qui évacue l’humidité. Voici comment vérifier ce que vous pouvez entretenir vous-même, et à partir de quand appeler un artisan.
Nous allons voir ensemble :
TogglePourquoi la cuisine se met à pleurer en octobre
Votre façon de cuisiner n’a pas changé, mais la maison s’est refermée. Pâtes, soupes, lave-vaisselle qu’on ouvre en fin de cycle, linge qui sèche sur un tancarville : une cuisine produit plusieurs litres de vapeur d’eau par jour dans un foyer de quatre personnes. En été, ces litres repartent par les fenêtres ouvertes. En octobre, ils restent.
Cette vapeur se dépose ensuite sur les surfaces les plus froides : simple vitrage, châssis aluminium, angle de mur extérieur, carrelage de crédence sur un mur nord. C’est la condensation. Ponctuelle, pendant une cuisson, elle est normale. Quand elle ruisselle chaque matin, elle signale un air trop chargé, au-delà de la plage confortable de 40 à 60 % d’humidité relative généralement retenue pour un logement sain.
Le piège classique de l’automne, c’est le calfeutrage. En France, l’aération des logements est pensée comme générale et permanente (arrêté du 24 mars 1982) : l’air neuf entre par les pièces de vie, via les entrées d’air des menuiseries, et ressort par les pièces humides, cuisine en tête. Boucher les entrées d’air des fenêtres, c’est étrangler la VMC. Elle tourne, mais n’a plus d’air à extraire, et l’humidité s’installe.
Hotte à recyclage : ce qu’elle fait, ce qu’elle ne fait pas
La hotte à recyclage est la norme dans les cuisines ouvertes et les appartements, car elle ne demande aucun percement. On en trouve un large choix chez Leroy Merlin, Castorama, IKEA ou sur ManoMano. Le débat est vif sur les forums de particuliers, entre ceux qui la jugent inutile et ceux qui la défendent. La réalité tient en un tableau.
| Élément | Ce qu’il fait | Ce qu’il ne fait pas |
|---|---|---|
| Filtre à graisse (métallique) | Retient les projections grasses de cuisson | Ne traite ni les odeurs ni la vapeur |
| Filtre à charbon actif | Absorbe une partie des odeurs | N’absorbe pas l’eau ; saturé, il ne sert plus à rien |
| Moteur en mode recyclage | Capte le panache de cuisson et le brasse | Ne rejette pas la vapeur hors du logement |
On confond souvent les deux filtres. Le filtre à graisse se lave, en général au lave-vaisselle, environ une fois par mois selon l’usage (vérifiez la notice). Le filtre à charbon se remplace tous les 3 à 6 mois en moyenne, ou se régénère au four pour certains modèles ; comptez de 15 à 50 € la recharge selon la marque. Un filtre saturé fait tourner le moteur dans le vide.
La hotte à recyclage garde pourtant un vrai rôle : en piégeant les graisses, elle protège la bouche de VMC de l’encrassement. Sans elle, un film gras colle à la grille et réduit le débit d’extraction. Allumez-la dès le début de la cuisson, couvercles posés, et laissez-la tourner quelques minutes après.
La bouche VMC de cuisine : le contrôle à faire ce week-end
Dans une maison des années 70 à 90, la VMC simple flux est la configuration la plus répandue : un caisson dans les combles, des gaines, et des bouches d’extraction en cuisine, salle de bains et WC. En cuisine, la bouche se trouve en haut d’un mur ou au plafond, souvent près de la hotte. Elle doit pouvoir extraire de 75 à 135 m³/h en grand débit selon la taille du logement, d’après l’arrêté de 1982.
- Test de la feuille. VMC en marche, approchez une feuille de papier toilette ou une feuille A4 fine de la bouche. Elle doit être aspirée et tenir collée. Si elle tombe, le débit est insuffisant.
- Démontage. La plupart des bouches se déclipsent ou se tournent d’un quart de tour. Inutile de couper la VMC pour cela, mais ne touchez jamais au caisson électrique.
- Nettoyage. Eau chaude et liquide vaisselle pour une bouche autoréglable. Une bouche hygroréglable contient un capteur (une tresse ou un ruban sensible à l’humidité) qu’il ne faut pas immerger : dépoussiérez-le à sec, lavez seulement les parties plastiques. Séchez avant de remonter.
- Entrées d’air. Faites le tour des fenêtres des pièces de vie : les grilles en haut des châssis doivent être dégagées, sans adhésif ni bourrelet par-dessus. Un coup d’aspirateur suffit.
Ce pin compare la hotte à évacuation et la hotte à recyclage face à la vapeur d’eau, aux fumées grasses et aux odeurs. Il prolonge l’article sur ce que la hotte à recyclage ne retire pas.
Le rythme conseillé : deux nettoyages par an pour la bouche de cuisine, idéalement en octobre et au printemps. Pour les locataires, ce nettoyage relève de l’entretien courant ; le caisson et le réseau restent à la charge du propriétaire.
Joints noircis : nettoyer ou refaire
Les points noirs sur le joint silicone entre plan de travail et crédence, ou autour de l’évier, sont des moisissures. Sur un joint de carrelage cimentaire, un nettoyage au bicarbonate ou avec un produit anti-moisissures adapté au support suffit souvent. Sur un silicone, les taches pénètrent dans la masse : un silicone noirci se remplace plutôt qu’il ne se frotte.
Le remplacement reste à portée d’un bricoleur : retirer l’ancien joint au cutter, nettoyer, dégraisser, laisser sécher complètement, puis poser un mastic sanitaire anti-moisissures (comptez 8 à 15 € la cartouche en grande surface de bricolage). Sur un plan en bois, surveillez le bord : une eau qui s’infiltre fait gonfler les fibres. Sur stratifié, un chant qui cloque derrière l’évier signale une infiltration ancienne. Refaire le joint sans régler la ventilation, c’est le revoir noircir avant le printemps.
Quand appeler un pro, et combien prévoir
Un hygromètre à 10 ou 20 € posé dans la cuisine vous donnera un repère objectif sur une semaine. Ensuite, la décision est assez simple.
- Vous gérez : buée pendant les cuissons qui disparaît en une heure, hygrométrie qui redescend sous 60 %, bouche qui aspire après nettoyage.
- Vous appelez un artisan : bouche qui n’aspire plus du tout, caisson bruyant ou silencieux, moisissures qui reviennent en quelques semaines après nettoyage, hygrométrie durablement au-dessus de 65 %, gaine visible écrasée ou débranchée dans les combles.
Côté budget, voici les ordres de grandeur relevés sur les plateformes de devis au moment où nous écrivons, à confirmer localement : une visite d’entretien de VMC par un professionnel coûte généralement de 100 à 200 € ; une bouche d’extraction de remplacement se trouve entre 10 et 30 € en autoréglable, entre 30 et 80 € en hygroréglable. Remplacer un caisson simple flux, pose comprise, se chiffre plutôt en centaines d’euros, davantage pour passer en hygroréglable.
Passer à une hotte à évacuation suppose de percer un mur extérieur et de poser une gaine avec clapet anti-retour. Hors prix de la hotte, la pose avec percement se situe souvent entre 300 et 800 €, selon l’épaisseur et la nature du mur (parpaing, pierre, béton). Deux règles avant de signer. D’abord, la gaine doit sortir dehors, jamais dans les combles, où la vapeur détrempe l’isolant. Ensuite, les règles de l’art de la ventilation (DTU 68.3) interdisent de raccorder une hotte motorisée sur le conduit de la VMC. Avec une chaudière gaz ou un poêle non étanche, faites valider le projet par un professionnel : une hotte puissante peut créer une dépression qui perturbe le tirage de l’appareil à combustion.
Si vous rénovez plus largement, l’ADEME et les conseillers France Rénov’ peuvent vous orienter sur la ventilation, en particulier sur une VMC double flux, dont la pose relève alors d’un artisan qualifié.
Ce samedi, commencez par le plus simple : décollez l’adhésif posé sur les entrées d’air, faites le test de la feuille devant la bouche de cuisine, et lavez le filtre à graisse de la hotte. Installez un hygromètre près de la fenêtre et notez le chiffre pendant sept jours : il vous dira, mieux qu’un avis de forum, si la cuisine a besoin d’un nettoyage ou d’un artisan.











