Chez Gal Gadot à Malibu, l’effet lumière tient aux rideaux, pas à la baie vitrée

Dans l'appartement de Gal Gadot à Carbon Beach, trois réglages sous 150 euros font plus qu'un canapé neuf : tringle relevée, voilage lin, caissons repeints.
Rideaux lin naturel légèrement froissés sur tringle noire, éclairés par la lumière rasante créant des reflets dorés.
Rideaux lin naturel légèrement froissés sur tringle noire, éclairés par la lumière rasante créant des reflets dorés.

Le bien de Gal Gadot et Jaron Varsano à Carbon Beach, remis sur le marché en 2026 autour de 8,75 millions de dollars, fait le tour des médias people pour son prix et sa vue sur le Pacifique. Ce qui nous intéresse ici est ailleurs : à l’intérieur, presque rien n’est ostentatoire. La lumière, les murs à la chaux et trois essences de bois clair font tout le travail, et cette partie-là se transpose dans un salon français pour quelques centaines d’euros. Voici ce qui se copie vraiment, et à quel prix.

D’abord, remettre les faits d’aplomb : ce n’est pas une villa isolée

Les articles se contredisent sur la configuration, entre deux et trois chambres selon les sources, et la surface d’environ 182 m² correspond au lot mis en vente. Le point factuel qui change tout, et que la couverture people passe sous silence : il s’agit d’un logement en copropriété face à l’océan, sur Carbon Beach, le long de la Pacific Coast Highway, pas d’une maison individuelle plantée seule sur sa dune. Les visuels et la description d’origine ont circulé via Robb Report, et Elle Décoration a consacré un article à cet intérieur sous l’angle lumière et océan.

Cette nuance n’est pas un détail de cadastre. Un appartement traversé de lumière obéit aux mêmes règles qu’un T4 bien orienté à Arcachon ou à Lorient : volumes contraints, murs porteurs intouchables, ouvertures existantes qu’on ne redessine pas. La leçon devient utilisable, y compris au troisième étage sans ascenseur.

L’effet « mur de lumière » tient aux rideaux, pas au vitrage

C’est le contresens le plus répandu devant ce type d’intérieur : on regarde la baie vitrée toute hauteur et on se dit que sans extension, c’est perdu. Faux. Un principe bien connu des architectes d’intérieur veut que la sensation de lumière dépende autant de ce qui encadre la fenêtre que de sa surface. Un double rideau épais posé à la hauteur du linteau, un caisson de volet roulant laissé en gris, une allège encombrée : trois détails qui mangent la clarté d’une pièce plein sud.

Les gestes, dans l’ordre, un samedi de septembre. Remonter la tringle à 10 ou 15 cm sous le plafond et l’élargir de 20 cm de chaque côté, pour que le rideau dégage complètement le vitrage une fois ouvert. Remplacer le double rideau occultant du salon par un voilage en lin ou en coton lavé, entre 20 et 60 € le panneau chez Maisons du Monde ou IKEA, et garder l’occultant pour les seules chambres. Repeindre les caissons, les tableaux de fenêtre et les embrasures dans le blanc du plafond, en satin lessivable : un pot d’un litre suffit largement, comptez 15 à 30 € et une matinée de travail avec un ruban de masquage correct. Ces trois réglages coûtent moins de 150 € et se voient plus qu’un canapé neuf.

Les plafonds à la chaux : le geste le plus transposable de la maison

La description américaine évoque un limewash sur les plafonds. Traduisons : de la peinture à la chaux, exactement le savoir-faire que pratiquent les artisans peintres et façadiers français depuis toujours, du badigeon de chaux au stuc. Elle donne une surface légèrement nuageuse, jamais plate, qui accroche la lumière rasante de fin de journée au lieu de la renvoyer d’un bloc comme une acrylique mate.

Deux avantages concrets pour une maison des années 70 ou 80 : la chaux laisse respirer le support, ce qui est précieux sur un mur un peu froid, et elle pardonne les défauts d’un plâtre fatigué là où une peinture tendue les souligne. Deux contraintes à connaître avant d’acheter le pot. Elle se pose sur un support minéral sain et absorbant, jamais sur une ancienne peinture satinée ou glycéro sans préparation, et jamais sur un mur encore humide ou sur une tache d’infiltration non traitée : on règle la cause d’abord. Elle demande aussi une pose croisée à la brosse large, une gestuelle qui s’apprend sur une petite pièce avant d’attaquer le séjour.

Ce pin montre un rideau en lin à œillets coloris terracotta, illustrant comment le choix du tissu et de la teinte du rideau modifie la lumière ambiante d’une pièce, exactement le sujet de l’article sur la maison de Gal Gadot à Malibu.

Côté budget, au moment où nous écrivons, les gammes de peinture à la chaux et badigeons prêts à l’emploi des rayons décoration de Leroy Merlin ou Castorama tournent autour de 40 à 80 € le pot de 2,5 litres, soit une chambre en deux couches. En passant par un artisan peintre pour un enduit à la chaux véritable, les devis se situent plutôt dans une fourchette de 40 à 90 €/m² selon la finition et l’état du support. Faites-en chiffrer trois, l’écart entre un badigeon simple et un stuc ciré est considérable.

Palette sable et bois clair : les équivalents français, sans essence exotique

Les descriptions parlent d’un bois « couleur blé » associé à de la pierre claire. Inutile d’aller chercher un teck ou un iroko importé pour retrouver cette teinte. Le chêne clair huilé et le frêne donnent exactement ce blond chaud, avec un veinage plus lisible, et se trouvent en plateaux, en plans de travail et en meubles dans toutes les enseignes de bricolage. Le hêtre vire plus rose, le pin jaunit avec le temps : ce sont les deux fausses pistes classiques.

Pour la finition, l’huile-cire dure conserve le toucher du bois et se répare localement au chiffon, contrairement à un vernis qui s’écaille et impose un ponçage complet. Sur un plateau de table de 1,80 m, comptez deux couches et 24 heures de séchage entre chacune.

La palette murale se joue en trois valeurs seulement : un blanc légèrement rompu au plafond, un sable ou un lin très pâle sur les murs, et un ton plus dense, argile ou terracotta grisée, sur un seul pan. En bord de mer breton ou atlantique, où la lumière est plus bleue qu’en Californie, décalez la base d’un cran vers le chaud pour éviter l’effet blafard de novembre.

La vraie leçon : deux canapés, pas vingt objets

C’est le contre-pied de l’image d’Épinal de la maison de star. Cet intérieur repose sur très peu de meubles : des assises basses en L, une table, du lin, du rotin, et beaucoup de vide entre les deux. Le luxe visible ici, c’est la circulation, pas l’accumulation. Un salon français de 25 m² gagne davantage à retirer trois meubles d’appoint qu’à ajouter un fauteuil de créateur.

Dernier point, celui qui compte vraiment début septembre, quand la nuit tombe désormais avant 20 h 30. Malibu garde une lumière abondante toute l’année, pas nous. La compensation passe par la température de couleur des ampoules : visez 2700 à 3000 K, jamais 4000 K, pour retrouver ce doré de fin d’après-midi dès 18 h. Multipliez les points bas, deux lampes à poser plutôt qu’un plafonnier, et l’illusion tient jusqu’en février.

Le test à faire ce week-end, avant toute dépense : décrochez les doubles rideaux du salon, laissez la fenêtre nue une journée entière, et regardez la pièce à 17 h. Si elle vous paraît soudain plus grande, vous savez par quoi commencer, et ce ne sera ni un canapé ni une extension.

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Image de Delphine Corval

Delphine Corval

Je m’appelle Delphine, passionnée par la décoration depuis toujours. Pour moi, chaque maison raconte une histoire. À travers De-Co Style, je partage mes découvertes, mes coups de cœur et mes astuces pour créer un intérieur harmonieux, chaleureux et inspirant.

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